La cité interdite, cour impériale de la Chine, n'échappa pas à ce phénomène. Les histoires qui s'y rattachent, sont dignes des plus grandes histoires inventées par les romanciers de tous les âges. L'imagination humaine n'est peut-être bridée qu'à ce que nous sommes capables de concevoir ou d'expérimenter. Quoi qu'il en soit, ma visite imprévue à la cité interdite m'a permis de découvrir ces petites intrigues qui peuvent faire ou défaire l'histoire. Il faut voir que la cour impériale ne vivait pas exactement comme les cours européenne de la même époque. En effet, si la vie y était réglée, certains autres aspects étaient moins codifiés. Ce qui n'empêcha pas la création d'intrigues égales à celles de la cour de Louis XIV et ses consorts. Deux types de complots sont distinguables:
Ceux impliquant les héritiers.
Ceux impliquant l'impératrice.
Les héritiers
La Chine a mis longtemps avant de définir des règles de succession claires. En effet, l'empereur désignait lui-même son héritier en choisissant le plus méritant de ses fils. Partant de cela, il est facile d'imaginer le problème engendré. Le fils préféré avait toutes les chances de se retrouver la victime d'un complot fomenté par ses propres frères ou demi-frères. Ceci était d'autant plus vrai qu'il est arrivé que ce soit des « bâtards » de l'empereur qui lui succéda. En effet, les concubines de l'empereur avaient un réel statut, contrairement aux maîtresses des Rois Français. Elles étaient d'ailleurs réparties en différents échelons – mais cela viendra plus tard dans cet article.
Il fallu attendre longtemps pour que la règle de succession change légèrement. L'idée fût de protéger le successeur en ne dévoilant son nom qu'à la mort de l'empereur. Pour ce faire, et pour éviter toute manipulation, l'empereur désignait son successeur sur deux morceaux de papier identiques. Le premier était confié à un membre important de la cour – l'équivalent d'un premier ministre – tandis que le deuxième était caché par l'empereur dans une cache scellée située derrière son trône. A la mort du monarque, les deux papiers étaient dévoilés en même temps à la cour. S'ils n'étaient pas identiques, cela signifiait que quelqu'un avait tenté de trahir le souhait du souverain. Ce système calma pour un certain temps les complots fratricides.
Le trône impérial.
L'impératrice et les concubines.
Suivant les règnes, l'impératrice était parfois très jalouse des jeunes concubines de son mari et n'hésitait pas à fomenter des complots contre elles, en utilisant des subterfuges dignes des feux de l'amour. Il faut dire que l'empereur avait beaucoup de concubines, il les classait même suivant différents rangs:
Concubines impériales de premier rang
Concubines impériales de second rang
Etc.
Ceux qui leur octroyait certains privilèges ou non. Dans tous les cas, les concubines obtenaient le droit de vivre dans la cité interdite qui était réservée exclusivement à l'empereur et ceux qu'il autorisait. A savoir:
L'impératrice
Les concubines
Les eunuques en charge du service.
Les princes et princesses – comme les frères et sœurs de l'empereur – les ministres, les notables, etc. étaient exclus de séjour à la cité interdite, d'où sont nom. Ils vivaient tous au Nord du complexe dans de somptueuses propriétés comme celle qui peut être encore visitée du Prince Song.
Pour en revenir à nos intrigues féminines, tous les coups étaient permis. L'histoire la plus frappante est celle de la concubine Zhen. Celle-ci, avec sa sœur, devint concubine de l'empereur Guangxu à l'issue d'un concours de beauté organisé tous les trois ans. Elle fût d'abord intronisée concubine de cinquième rang. Mais sa beauté et son talent pour la poésie en fit rapidement une des favorites de l'empereur. Celui-ci fût emprisonné au début du XXieme siècle lorsque les forces alliés (ie Anglais et Français) envahirent la Chine. L'impératrice douarière Cixi en profita alors pour faire noyer la pauvre concubine par des eunuques et à laisser le corps pourrir dans l'eau. La famille ne put donc pas l'enterrer convenablement.
Puit où a été noyée la concubine Zhen (en réalité, le puit représente la grande dalle blanche).
Quelques années plus tard, l'impératrice décéda et la seconde sœur fit récupérer le corps de son aînée et lui fit faire de véritables funérailles. Voici donc la triste histoire de Zhen la concubine.
Le plus surprenant dans l'histoire est que l'impératrice qui ordonna l'assassinat avait elle-même était choisie par l'empereur des années auparavant lors du même concours de beauté. Difficile d'assumer le poids de l'âge ?
3 commentaires:
Les histoires des chinois à cette époque c 'est que des trahison, des complots et des coups bas assassinats.
Plus tu lis (ou regardes des films historique) plus on découvre les coups bas des chinois, la ruse ou plutot la félonie...
sinon super sympa ton article....
Merci !
C'est clair qu'à cette époque c'était trahison & co. Mais il faut se dire qu'à la même période c'était pareil en Europe (et encore aujourd'hui en politique ?)
Comment on dit "Plus belle la vie" en Chinois?
Concubine de 5eme rang...ça commence à faire une sacrée pyramide de concubine. Il devait être bien occupée l'empereur à les..."classer".
Par contre si les deux papiers étaient différents...ils se passaient quoi en pratique? Parce que bon, l'empereur était mort quand même, on pouvait plus lui demander...
A sur msn pour la réponse :)
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